En France, un hiver sans neige est-il le signe que la parité avance?

Voilà un exemple suédois qui pourrait être transposé à de multiples cas français et inciter, pourquoi pas(?)à un meilleur partage des tâches familiales

Lorsque deux passions suédoises se rencontrent, cela donne une drôle d’affaire : la neige. Blanche, féerique, poudrée .– et, somme toute, assez peu sujette à controverse. De l’autre, l’égalité des sexes, préoccupation majeure des gouvernements successifs du pays. Mélangez, et vous ­obtiendrez le jämställd snöröjning, ou « déneigement favorisant l’égalité ».

Soit une politique adoptée en 2015, à Stockholm, par la majorité municipale rouge, vert et rose, composée des sociaux-démocrates, des écolos et des féministes. Les élus sont partis du constat que les femmes utilisent davantage les trottoirs et les pistes cyclables (car elles manient des poussettes), tandis que les hommes, eux, circulent sur les grandes avenues (car ils conduisent des voitures). La nouvelle politique de déneigement consiste donc à déblayer d’abord les trottoirs et à terminer par les routes.

 Une Ville plongée dans le chaos

Début novembre, le système a été mis à l’épreuve par les premières chutes de neige importantes dans la capitale suédoise. Les voitures ont été bloquées sur le périphérique pendant des heures, des écoles ont été fermées faute de bus en circulation, des habitants appelés à rester chez eux…

Tandis que la ville était plongée dans le chaos, les pourfendeurs du jämställd snöröjning lui ont vite trouvé un petit surnom : le feministiskt snöröjning, ou « déneigement féministe ». Et s’en sont donné à cœur joie sur les réseaux sociaux. La patronne des conservateurs, Anna KINBERG BATRA, s’est fendue d’un tweet grinçant, constatant que « tout n’est pas question de sexe. La neige, par exemple ». Avant de se demander : « En quoi la Suède est-elle plus égalitaire quand les bus n’arrivent pas à rejoindre les écoles ? » Le débat s’est poursuivi dans les éditos des plus grands journaux du royaume.

« S’il y avait bien un domaine où les perspectives de genre n’étaient pas prises en compte, c’était le déneigement. Et il y avait beaucoup à faire. » Bosse BJÖRK, de la planification sociale de Stockholm

Daniel HELLDEN, adjoint au maire écologiste chargé des transports et de la voirie à Stockholm, déplore que beaucoup soient « encore convaincus que la meilleure façon de faire les choses est comme elles ont toujours été faites, et refusent d’admettre que c’est une méthode qui privilégie les hommes ». Il reconnaît, cependant, le fiasco de début novembre. Les onze entreprises privées qui se partagent le marché dans la ­capitale auraient dû déblayer les voies pour piétons et vélos jusqu’à ce que la poudreuse atteigne 4 cm, avant de passer aux rues plus larges, puis de s’attaquer aux avenues et au périphérique. Mais il est tombé 40 cm de neige en quelques heures à peine, la pire tempête depuis cent onze ans : « Rien n’a fonctionné comme prévu, y compris le déneigement qui prend en compte les perspectives de genre. La preuve : il y avait de la neige partout », constate l’adjoint, qui a ordonné une enquête pour ­déterminer ce qui n’a pas fonctionné.

C’est dans la bourgade de KARLSKOGA, 30 000 habitants, à 250 km à l’ouest de Stockholm, qu’est né le ­déneigement égalitaire. En 2010, les employés des services techniques de la ville participent à une formation visant à sensibiliser à la problématique du genre, financée par l’Association suédoise des collectivités locales et régionales (SKL), qui a reçu à cet effet 250 millions de couronnes (25 000 euros) du gouvernement, sur six ans.

Bosse BJÖRK responsable de la planification sociale, raconte : « Un de mes collègues a lancé l’idée que s’il y avait bien un domaine où les perspectives de genre n’étaient pas prises en compte, c’était le déneigement. Et nous avons découvert qu’il y avait beaucoup à faire. » Car selon les statistiques, les femmes sont deux fois plus nombreuses à utiliser les transports publics que les hommes, qui privilégient la voiture. Elles emmènent aussi plus souvent les enfants à l’école le matin, à pied ou à vélo.

Et ce sont elles qui finissent plus régulièrement à l’hôpital avec une fracture, après une chute sur une plaque de verglas. La ­municipalité de KARLSKOGA a donc inversé l’ordre de passage des chasse-neige, suivant l’idée qu’« il est plus aisé de se déplacer sur 10 cm de neige en voiture qu’avec un landau ou un vélo », explique Bosse BJÖRK Elle a décidé par ailleurs de déneiger en priorité les alentours des crèches et des écoles, puis des hôpitaux et des administrations – où le personnel est majoritairement féminin – avant de s’attaquer au reste de la ville. Conséquence inattendue : une baisse des incidents sur les routes, « où les automobilistes font plus attention depuis qu’on ne déblaie pas tout de suite », assure Bosse BJÖRK.

Une exigence d’équité sociale

« Plus qu’une approche féministe, c’est une approche intelligente, surtout à une époque où on veut réduire l’utilisation de la voiture », ­estime Magnus JACOBSON, coordinateur de la politique de l’égalité des sexes à l’association SKL. Plusieurs communes ont d’ailleurs adopté ce déneigement à vocation égalitaire. Pour lui, c’est une mesure parmi d’autres « favorisant l’accessibilité des villes, qui ont été dessinées pour la voiture et les automobilistes, privilégiant les hommes ». Au-delà de la ­parité, il évoque l’équité sociale : « Quand un landau peut passer sur un trottoir, une personne âgée peut aussi sortir avec son déambulateur. »

Ailleurs en Suède, des initiatives ont été menées ces dernières années dans le domaine de l’aménagement des lieux publics, afin d’accroître la sécurité, grâce à l’éclairage ou au mobilier urbain. Mais beaucoup reste à faire, constate Lena LEVIN, chercheur à l’Institut suédois de recherche du transport et du réseau routier : « Par exemple, organiser les transports collectifs et planifier le développement de nouveaux quartiers, en regardant comment les gens se déplacent et en essayant de réduire les inégalités entre hommes et femmes. »

Les femmes consacrent toujours une heure de plus par jour que les hommes à emmener et aller chercher les enfants à la crèche, à l’école ou à leurs différentes activités. Qu’il vente ou qu’il neige…

 

 

25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

 

 Pourquoi ce jour?

C’est la date de l’assassinat, en 1960, des trois sœurs Mirabal en République dominicaine. La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes a été instaurée par l’ONU en 1999.

Pourquoi cette Journée ?

 A l’international , message de l’ONU

Parce que :

    La violence contre les femmes est une violation des droits de l’homme.

    La violence contre les femmes résulte d’une discrimination à l’égard des femmes, tant dans le droit que dans les faits, ainsi que de la persistance d’inégalités entre hommes et femmes.

    La violence contre les femmes a de lourdes conséquences et peut empêcher la réalisation de progrès dans certains domaines, comme l’élimination de la pauvreté, la lutte contre le HIV/sida et la paix et la sécurité.

    La violence contre les femmes a de lourdes conséquences et peut empêcher la réalisation de progrès dans certains domaines, comme l’élimination de la pauvreté, la lutte contre le HIV/sida et la paix et la sécurité.

    La violence contre les femmes est un problème mondial. Jusqu’à 70 pour cent des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie

Le manque inquiétant de financement est l’un des principaux obstacles aux efforts déployés pour prévenir et éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles de tous horizons. Les initiatives de prévention et d’élimination de la violence à l’encontre des femmes et des filles manquent donc cruellement de ressources.

Même si des programmes-cadres tels que les Objectifs de développement durable (ODD), qui tendent notamment à éliminer la violence faite aux femmes et aux filles, sont porteurs d’espoir, ils doivent pouvoir disposer de fonds suffisants pour pouvoir réellement transformer la vie des femmes et des filles.

En France le 5eme plan interministériel de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes, est présenté par la Ministre des droits des Femmes

 

 

Désillusion et Sidération

Résultats des élections américaines, ce mercredi 9 novembre 2016….

Désillusion, car nous, comme beaucoup d’autres, femmes et hommes, avons cru que l’un des plus grands pays au monde allait avoir une femme comme dirigeante, comme Présidente.

Sidération, le sexisme a été un des fers de lance de la campagne du « futur » Président, et il semblerait qu’une grande proportion de femmes américaines blanches aient voté pour lui.
Quel impact ce résultat peut-il avoir en France? Soyons vigilantes!

Révolution au Palais-Bourbon :

« Sortir de l’ombre » le titre donné à la lecture que nous avons programmée était-il précurseur ?20161019_122846b

 Le buste d’Olympe de Gouges, féministe guillotinée sous la Terreur, trône depuis mercredi 19 octobre à l’Assemblée Nationale, première statue d’un personnage historique féminin au milieu des figures d’hommes et allégories.

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, où elle considère que « l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements », figure sur le piédestal du buste réalisé par Jeanne SPEHAR et Fabrice GLOUX

Les enfants, invités à cette cérémonie, ne pourront plus ignorer cette page de l’histoire.

Sortir de l’ombre!

lecture-hebertDurant ces 5 dernières années, de 2011 à 2015, une « Quinzaine de l’égalité entre les femmes et les hommes » avait lieu en octobre.

L’évènement, piloté par la Région Rhône-Alpes, était pour les associations  iséroises une occasion de rencontres et de mise en lumière de leurs projets et actions. Une façon aussi de souligner les inégalités persistantes dans ce domaine.

Une « Quinzaine de l’égalité entre les femmes et les hommes »  de substitution, symbolique, telle était  notre intention en organisant cette soirée  de lectures à laquelle nous avions souhaité la participation d’autres associations. Aussi il nous faut remercier de leur soutien Osez le féminisme, la Maison de l’Égalité, Composite-les Antennes, l’Association des Femmes Diplômées de l’Université, l’Association des Femmes Elues de l’Isère,  et la Chargée de mission Égalité des droits de la ville de Grenoble.

Sortir de l’ombre, un titre bien choisi pour cette lecture portée par la voix des « belles liseuses ». Et qui l’ont terminée en reprenant haut et fort les propos de Joumana HADDAD, écrivaine libanaise : Nous en avons assez

Oui, nous pouvons reprendre avec elles ce propos : nous en avons assez que  cette égalité entre les femmes et les hommes soit encore lointaine, comme un mirage qui s’éloigne au fur et à mesure que nous nous avançons !

 Était-ce  l’opinion des 72 personnes présentes au Musée HÉBERT  ce vendredi 14 octobre ? Leurs applaudissements chaleureux ont salué la performance des lectrices…

TEXTES LUS extraits des œuvres suivantes :
-Claire Frédéric. Lazarine de Manosque. Une femme émancipée au XlXe siècle. Forcalquier: Les Alpes de lumière, 1986. Avec des textes de Lazarine Nègre (1848-1899)
– Michèle Perrot. Mélancolie ouvrière. Grasset, 2012 (Nos héroïnes). (Lucie Baud, 1870-1913)
– Marie Darrieusecq. Etre ici est une splendeur, vie de Paula M. Becker. POL, 2016 (Paula Modersohn-Becker (1876-1907).
– Virginia Woolf (1882-1941). Une chambre à soi. 1929
– Benoit Groult (1920-2016). Le féminisme au masculin. 1977
– Virginie Despentes (1969-). King Kong théorie. 2006
– Joumana Haddad (1970-). Superman est arabe. Actes Sud, 2015 (traduction française de Superman is an arab, 2012

Où est l’argent pour les droits des femmes ?

C’est le titre d’un rapport qui dresse un état des lieux des financements publics et privés en faveur des initiatives pour l’égalité femmes-hommes en France. cinq partenaires stratégiques des questions de financement et de l’égalité femmes-hommes : le Comité ONU … Lire la suite →

Notre soutien au Centre d’Information des Droits des Femmes et des Familles, le CIDFF 38

Face aux enjeux de l’égalité entre les femmes et les hommes, et notamment à celui de l’accès aux droits fondamentaux pour toutes les femmes, l’Observatoire Isérois de La Parité entre les femmes et les hommes s’engage dans le soutien au … Lire la suite →

«La parité a imposé le changement d’époque!

« Notre révolte contre le harcèlement doit prouver aux hommes que les pratiques d’antan sont définitivement révolues.»

Isabelle Thomas députée Européenne,a signé le texte  «Pour que l’impunité cesse». . Elle répond à une question du TEMPS:

« Le harcèlement sexuel en politique n’est pas qu’une affaire franco-française, comme certains voudraient le faire croire. Il y a eu des cas au Parlement européen. J’en tire d’ailleurs une première conclusion : l’importance de la parité dans les assemblées. Plus les femmes sont nombreuses à être élues, plus elles forment un rempart contre ce type de comportement machiste inacceptable. Croyez-moi, ça change la donne!

Un livre, une exposition… une artiste

 

Paula Modersohn-Becker, l’intensité d’un regard

Morte à l’âge de 31 ans des suites d’un accouchement difficile, Paula Modersohn-Becker (1876-1907) a fait preuve durant sa brève carrière d’un caractère bien trempé, l’ayant conduit, seule et contre tous, vers une peinture rude et colorée marquant les prémices de l’expressionnisme allemand. Le groupe Die Brücke se formera au moment où elle meurt ! Mariée à un peintre de la communauté artistique de Worpswede, une sorte de Pont-Aven germanique, la jeune artiste se détache de leur influence pour étudier à Paris. Entre expressionnisme et primitivisme (elle vénère Gauguin), l’exposition du musée d’Art moderne de la Ville de Paris aborde son œuvre, courte, par thèmes : autoportraits, portraits d’enfants, maternité, paysages, et laisse découvrir une artiste d’une grande probité, à la peinture puissante et à l’aura silencieuse. Une redécouverte à ne pas rater.

(*) Etre ici est une splendeur » de Marie Darrieussecq (Ed. P.O.L, 152 p., 15 €.