Harcèlement…

Depuis le début octobre et les révélations faites par des actrices, victimes du comportement scandaleux du producteur Weinstein, enfin destitué de ses fonctions, bien des pages ont été écrites, bien des comportements  mis au jour. .

 Le harcèlement est un rapport de domination d’une personne sur une autre personne . Mais quand il s’agit de  harcèlement sexuel c’est  d’une relation, dans la quasi totalité des cas, entre  une femme et un homme dont l’une est un objet non consentant et l’autre un sujet agissant dans le non respect de la volonté de  l’autre.  C’est bien de l’égalité entre femme et homme dont il est question.  Nous ne pouvons donc pas nous situer en dehors de ces débats. 

Nous retiendrons  deux prises de paroles, dans lesquelles il est question de violences subies parfois dans l’indifférence, et c’est grave. il est question de l’impact sur toute une vie, et c’est grave. Mais il est aussi question de solidarité, d’espoir dans un futur où les relations femmes hommes seront enfin d’égale à égal.

Qu’écrit Irène KAUFER, syndicaliste, dans le blog « entre les lignes entre les mots »?
« les médias découvrent qu’une agression sexuelle n’est pas le résultat de la « pulsion irrépressible » d’un pauvre gars en manque et sans grandes ressources matérielles et intellectuelles, mais d’un rapport de pouvoir froidement calculé ». Elle dénonce aussi cette indifférence, ce déni ; « en ce début octobre, à Liège, une étudiante a été tuée par un voisin, violeur multirécidiviste. On apprend qu’elle s’était déjà rendue à la police (sans porter explicitement plainte) après avoir trouvé l’homme tout nu sur son palier »

Que nous dit la sociologue Irène THERY dans dans une tribune du Monde du 22-23 octobre ?
« …Par le simple fait de dire que nous avons subi, nous faisons advenir quelque chose de neuf. La honte, peu à peu, change de camp.(…) Ce qui se passe aujourd’hui est une question de société, de culture, de civilisation. Pour celles qui parlent, c’est la fin d’une longue épreuve, dont on sent rétrospectivement à quel point elle était lourde. Mais en aucun cas ce qui domine n’est une plainte victimaire : c’est un geste de fierté, de foi en l’avenir et un pari sur l’intelligence collective. Ce pari sur l’intelligence dit une chose simple : ce qui se passe aujourd’hui n’est en rien une mise en cause du charme, du plaisir ou de la séduction. Il faut en finir avec ces amalgames : tout le monde sait parfaitement distinguer la séduction et l’agression. Tout le monde. Que l’on tente de séduire, ou qu’on se laisse séduire, on sait quand l’autre consent, et on sait quand on consent soi-même. »…